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Ruth Jefferson est un sage-femme de 44 ans, compétente, investie, appréciée des patients comme de ses collègues.
Diplômée d'écoles réputées, veuve d'un soldat tué en Afghanistan, femme et mère modèle... apparemment bien intégrée dans la société américaine... ah oui!!! j'ai oublié de préciser mais Ruth est noire...
Depuis toute petite, Ruth se fond dans le décor blanc, accepte tous les codes et décide que sa couleur ne lui interdira rien malgré les mille petits riens qui lui font bien sentir qu'elle est différente des gens de son quartier, de son travail... mais elle s'habitue et elle accepte...
Elle y mettra plus de coeur que les autres mais elle sera ce qu'elle a envie d'être...
Jusqu'à ce jour où un bébé vient au monde dans la maternité où elle travaille. C'est le beau bébé tout blanc d'un couple de suprémacistes américains.
Le couple exige que Ruth n'approche pas leur enfant et la supérieure et amie de Ruth accepte et le note dans le dossier de l'enfant... Ruth avale avec amertume ce petit rien supplémentaire.
Mais quand l'enfant cesse subitement de respirer, seule Ruth est présente... le bébé ne survit pas et les parents avec l'appui de l'hôpital accusent Ruth de meurtre.
Sa vie, ses convictions, ses fondamentaux volent en éclat....
Très bon roman choral qui fait prendre tour à tour la parole à Ruth, puis à sa jeune avocate commis d'office blanche qui n'avait jamais soupçonné ses mille petits riens et ne veut surtout pas les évoquer au tribunal, et enfin Turk, le père de l'enfant qui nous fait vivre l'historique de sa haine et du mouvement ainsi que sa douleur de père qu'il transforme en haine.
Belle évolution de tous les personnages au cours du roman... Chacun ouvrira les yeux à sa façon...
C'est un roman qui fait réfléchir sur la perception de ses paroles et ses actes par les autres...